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Interview de Christian de Mas Latrie

Président de la Commission Technique de la Fédération des Ascenseurs depuis juin 2015, Christian de Mas Latrie nous éclaire sur les missions et les enjeux de la profession d’un point de vue technique, normatif et réglementaire. Ou comment, dès aujourd’hui, anticiper, préparer et adapter l’ascenseur de demain.

 

le 20 février 2017

1 Commission, 7 Groupes de Travail permanents, soit 50 membres mobilisés toute l’année.

"Contribuer dès aujourd'hui à anticiper l'ascenseur de demain"

Présentez-nous les rôles et missions de la Commission Technique au sein de la Fédération

CML : Notre Commission, composée de 10 membres, est la voix technique et normative représentant l’ensemble des acteurs de la mobilité verticale en France (ascenseurs, escaliers mécaniques, trottoirs roulants, monte-charge, plate-forme élévatrice, monte-escaliers …)

Sont rattachés également à la Commission 7 Groupes de Travail permanents : Energie, Téléalarme, Incendie, Electricité, Sécurité, Amiante, Safari III (Base de données qui regroupe 7000 références normatives et réglementaires), ainsi que des Groupes de Travail temporaires comme, par exemple, sur les indicateurs de maintenance. Cela mobilise au global une cinquantaine de membres toute l’année.

Nous sommes les référents de la profession auprès de nos adhérents, mais aussi auprès des ministères et des différentes parties prenantes concernées. Nous sommes également l’interlocuteur privilégié des bailleurs, des gestionnaires de copropriétés.

Notre objectif est d’apporter nos connaissances techniques sur les différents produits et nos recommandations en qualité d’experts.

Nous analysons les différentes normes régissant notre profession et contribuons à leur élaboration au niveau national avec l’AFNOR, à l’échelle européenne avec le Comité Européen de Normalisation (CEN) et à l’international avec l’ISO.

Nous travaillons également avec les ministères du Travail, de l’Environnement et du Logement et avec l’ensemble des parties prenantes du secteur (organismes de certification, organismes de contrôle, …) à l’évolution des règlementations.

Quels sont les chantiers prioritaires pour la Commission en 2017 ?

L’Energie en premier lieu.

Même si de nets progrès ont été réalisés – un ascenseur consomme aujourd’hui 5 fois moins d’énergie que dans les années 60 – nous devons aller plus loin en prenant davantage en compte l’ascenseur et les escaliers mécaniques dans la performance énergétique du bâtiment. Cela inciterait les fabricants à proposer, dès la conception, un produit avec une empreinte énergétique la plus faible possible.

A terme, si rien n’évolue et compte-tenu des efforts déjà réalisés dans les autres domaines comme le chauffage ou la climatisation, l’ascenseur représentera 15 % de l’énergie globale du bâtiment pour seulement 4 % à 8 % aujourd’hui.

La Fédération est proactive dans cette démarche menée à l’échelle européenne.

D’autant qu’en matière d’innovation, les solutions sont déjà là avec l’utilisation des énergies renouvelables, l’éclairage LED, des systèmes permettant d’adapter instantanément la consommation électrique aux conditions de chaque déplacement de l’ascenseur, la régénération d’énergie et le stockage d’énergie en batteries rendant l’ascenseur autonome et moins dépendant des risques de coupure de courant. Et les normes prennent déjà en compte ces innovations pour faire baisser l’empreinte énergétique.

Des avancées concrètes qui ont encouragé la Fédération des Ascenseurs à se positionner pour obtenir 2 Certificats d’Economie d’Energie (CEE) en matière de travaux de rénovation. Leur parution prochaine démontre la contribution essentielle de ces nouvelles solutions aux économies d’énergie dans le bâtiment.

2ème priorité, les contrôles techniques quinquennaux.

Chaque propriétaire d’ascenseur a la responsabilité tous les 5 ans de faire procéder à un contrôle technique complet de l’ascenseur via un organisme de contrôle indépendant selon une liste préétablie de points à contrôler.

Chaque année, le ministère présente à la Fédération le bilan réalisé par les organismes de contrôle technique pour mettre en avant les points techniques à améliorer.

La Fédération a pour rôle d’analyser les causes de non-conformité et de faire des propositions pour réduire les écarts de conformité. Ces analyses ont donné lieu à la création de deux Groupes de Travail dédiés au sein de la Commission Technique.

Des recommandations sont ensuite destinées à nos adhérents et aux contrôleurs techniques pour mise en œuvre.

Partenaires,  nous partageons avec les contrôleurs techniques les mêmes objectifs à savoir garantir la conformité et la sécurité des appareils.

Enfin,  l’accompagnement des entreprises aux nouvelles normes EN 81-20 et EN 81-50.

Ces normes, qui définissent le niveau de sécurité des ascenseurs et, à laquelle tous les acteurs doivent se conformer, entreront définitivement en vigueur le 01/09/2017.

A cette date, une fois installés, tous les nouveaux ascenseurs devront respecter cette norme.

Afin d’anticiper ce changement, nous avons dès 2015 sensibilisé nos adhérents par l’organisation de réunions d’information en partenariat avec l’AFNOR pour les aider à anticiper cette mutation et les accompagner dans sa mise en pratique.

Il est, en effet, de la responsabilité des ascensoristes de s’assurer de la conformité en termes de fabrication ou d’installation d’un ascenseur.

Comment travaillez-vous avec les parties prenantes externes et les pouvoirs publics ?

Nous sommes dans une démarche de concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur. Nous travaillons, par exemple, en étroite collaboration avec la DHUP (Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages rattachée au ministère de l’Environnement), la COFNA (Coordination des Organismes Français Notifiés pour l’évaluation de la conformité des Ascenseurs) et la COPREC (Organisation professionnelle qui fédère les organismes de prévention, d’inspection et contrôle tierce partie indépendante) sur la bonne transposition de la Directive Ascenseurs, applicable depuis mai 2016. En cas d’interrogations d’ordre technique sur un texte (norme ou règlementation), nous travaillons de concert avec l’AFNOR pour dégager une position commune et travailler avec le ministère sur la faisabilité technique de l’application du texte.

Comment facilitez-vous le travail de vos adhérents ?

Nous apportons un service direct aux adhérents puisque nous répondons à leurs questions notamment sur les interprétations techniques.

En qualité d’experts, nous les informons également sur les futures normes et règlementations pour anticiper leur impact dans l’exercice de nos métiers.

Notre travail est de décortiquer en amont la teneur de ces textes, nombreux dans notre profession, pour pouvoir mesurer l’impact sur les produits et leur délivrer une information ciblée.

Nous répondons également aux sollicitations individuelles des gestionnaires de copropriétés.

 En quoi  vos travaux d’aujourd’hui contribuent-ils à préparer l’ascenseur de demain ?

Nos travaux doivent intégrer en permanence les évolutions technologiques et réglementaires liées à notre environnement pour adapter et préparer l’ascenseur de demain.

Parmi les grands enjeux qui nous attendent et que nous devons anticiper, celui du basculement du réseau de télécommunication cuivre vers le passage au 100 % fibre optique. En effet, cette mutation impacte les dispositifs de téléalarme en cabine qui permettent aux passagers bloqués de demander assistance en appelant directement le centre de surveillance.

Nous travaillons avec la Fédération Française des Télécoms à l’écriture d’un livre blanc pour trouver les meilleures solutions et préparer cette migration technologique.

Nous travaillons également, en partenariat avec le ministère et la COFNA, à l’élaboration d’un Guide sur la modernisation des ascenseurs marqués CE.

Depuis 1999, les ascenseurs doivent obligatoirement faire l’objet d’une déclaration de conformité CE.

Les propriétaires, qui entreprennent des travaux de mise à niveau et de modernisation de ces ascenseurs, doivent s’assurer du maintien de la conformité CE sur l’ensemble de l’équipement après les travaux. L’objet de ce Guide est d’apporter toute notre expertise technique pour accompagner les propriétaires dans cette démarche.

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